Quand on vieillit, quelle place reste-t-il au plaisir de manger ?

C’est autour de cette question que le Campus des Métiers et des Qualifications (CMQ) “Santé, Autonomie, Bien vieillir” a réuni, lors de la Fête de la science et à la demande de Dominique Argoud, des partenaires de l’UPEC, des étudiants et des seniors. En croisant les regards de la sociologie et de la nutrition, cette initiative illustre la volonté du CMQ de rapprocher les savoirs de terrain et la recherche pour faire émerger des réponses adaptées aux besoins des personnes âgées.

Plaisir de manger
Fête de la science

Les partenaires

À l’initiative de Dominique Argoud, professeur de sociologie à l’UPEC et membre du Campus, le CMQ “Santé, Autonomie, Bien vieillir” a organisé cet événement réunissant des lycéens en bac professionnel ASSP du lycée Gabriel-Péri, des étudiants en diététique de l’IUT de Créteil-Vitry (UPEC) et des étudiants de L3 de l’UFR SESS-STAPS. Éric Huet et Élodie Argentieri, enseignants-chercheurs, ont présenté le métier de diététicien-nutritionniste et les risques de dénutrition chez les personnes âgées. Emma Galland, diplômée du BUT Génie biologique, parcours Diététique et nutrition, a partagé son expérience de stage dans une entreprise de restauration collective à destination des EHPAD. Au total, plus de 80 personnes, parmi lesquelles des enseignants, des lycéens, des étudiants et des seniors, ont participé à cette rencontre.

 

Les échanges

Après une allocution d’ouverture de Chantal Artignan, les échanges ont permis d’aborder les enjeux de la nutrition chez les personnes âgées. La prévention de la dénutrition permet de sensibiliser un grand public, et d’accorder un regard plus curieux sur l’importance du plaisir de manger. Éric Huet et Élodie Argentieri ont notamment exposé le rôle des diététiciens-nutritionnistes, tandis que Dominique Argoud et Marion Villez, enseignants-chercheurs, ont apporté un éclairage sociologique sur l’influence des habitudes alimentaires, des souvenirs et du lien social dans le rapport à l’alimentation au fil du vieillissement. Ils ont également souligné l’intérêt des innovations sociales pour favoriser la convivialité des repas, à domicile comme en EHPAD. Cette réflexion a été illustrée par le témoignage d’Emma Galland, lors de son stage en restauration collective, elle a conçu un outil permettant de suivre en temps réel les consommations alimentaires des résidents. Cela a facilité l’évaluation de leurs apports nutritionnels. Pendant les présentations, le public a été très impliqué dans les échanges, avec des questions et des témoignages issus d’expériences de terrain. Cette rencontre a notamment mis en évidence l’intérêt de croiser les approches sociologiques et nutritionnelles, tout en favorisant le dialogue entre générations. Les retours d’expérience recueillis par les étudiants au cours de leurs stages pourront également être transmis par Chantal Artignan à l’Éducation nationale, afin d’alimenter la réflexion sur ces enjeux.

 

Vieillesse et alimentation : plaisirs et déplaisirs

La dénutrition chez les personnes âgées est une réalité complexe qui ne dépend pas uniquement de facteurs physiologiques, comme l’ont souligné les échanges. Les troubles cognitifs, certaines pathologies, ainsi que les traumatismes de guerre ou d’enfance peuvent avoir des répercussions sur le mode de vie en ce qui concerne l’alimentation. Au-delà de ces critères, le plaisir de manger est également basé sur une dimension affective et culturelle. Un environnement chaleureux et convivial, qui encourage les échanges et rappelle des souvenirs familiers, peut contribuer à faire du repas un moment de plaisir authentique.

Une écoute adaptée à vos besoins.

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